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- Dégustation Verticale Pommard En cette soirée d'automne, je « jouais à domicile », puisque, sur la demande insistante de mes amis, je tentais pour la première fois une « Verticale » de mon Pommard. Oui, vous le savez peut-être, j'ai une toute petite vigne, léguée par mon oncle Félix adoré, qui me donne un fort bon vin, vinifié par mon cousin Yvon Clerget. Arrêtons-en là avec le family business… Ce qui est certain, c'est qu'une sorte de blocage m'empêchait de livrer au jugement public la séquence des derniers millésimes. Vous pouvez y trouver de la fausse pudeur, ou tout simplement la peur de la réalité. Cette vigne a été en effet plantée en 85, la première récolte date de 88, et je pouvais légitimement m'inquiéter de l'aptitude au vieillissement de vignes encore si jeunes. Heureusement, on est à Pommard et le terroir a de la ressource, surtout si près des Premiers Crus Rugiens. Le premier millésime, le 98 qui me faisait si peur s'est révélé d'une surprenante fraîcheur. Et oui, il avait tenu le coup. Le 99 était éblouissant, mais cela, on pouvait s'y attendre, vu la puissance de feu de ce millésime glorieux. J'avais par courtoisie, zappé le 2000, millésime jugé pudiquement « difficile » en Bourgogne, alors qu'il se vend plutôt bien, porté par le succès des Bordeaux. Le 2001 se tient bien, mais n'a pas la fougue des deux suivants, alors, lui aussi, je l'ai laissé en cave attendre des jours meilleurs. La vraie confrontation intéressante était celle du 2002 et du 2003. Le premier était un grand Pommard classique avec la puissance et la complexité donnée par ce terroir de marnes ferrugineuses. Un vin de viandes et de gibiers, un vin pour l'amitié. Surprise : du fait de la canicule, le 2003 était sur une autre planète. Du fruit surmuri, du soleil, beaucoup de soleil, une étonnante souplesse pour un vin aussi jeune. Un magnifique Côtes du Rhône Septentrional (je ne vais pas dire Côte Rôtie, mais je n'en pense pas moins) chaleureux, prêt à boire. Mais combien de temps tiendra t'il ? Sur la Côte, nul ne le sait…. Puisque j'avais décidé ce soir là de me mette en prise de risque maximale, j'ai poursuivi cette verticale par un « segment horizontal » en confrontant ce Pommard maison à un Premier Cru du même village de la même année, le Pommard Epenots de Louis Max. Et là, bonheur égoïste, la force de frappe des Rugiens a parlé contre la délicatesse des Epenots, influencée par leur sol nettement plus caillouteux. Comme d'habitude, et quelle que soit la qualité du challenger, dans un combat singulier, c'est toujours la puissance qui l'emporte sur la finesse. Vous voyez que dans notre club des Gourmets du Vin, on élève le débat…. |
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